


SUCRE EN ZAMBIE : DE LA CRISE DU PALUDISME À ZÉRO CAS
Lorsque le paludisme a frappé nos travailleurs, la production s’est arrêtée. Lorsqu’il est maîtrisé, tout le monde prospère.
En 2000, la santé économique de Zambia Sugar était florissante, ce qui n'était pas le cas de celle de son personnel. Au plus fort de la crise du paludisme dans le pays, un employé sur cinq contractait la maladie pendant la haute saison ; les cliniques étaient débordées ; les professionnels qualifiés évitaient les postes ruraux ; et des services entiers interrompaient leurs activités pour les funérailles qui se succédaient, perdant ainsi plusieurs jours de travail à la fois.
« Nous perdions des millions de $ US », explique Ackson Tembo, directeur des affaires commerciales. « Le paludisme ne tuait pas seulement des gens. Il annihilait les profits. »
Face à la flambée des coûts et aux perturbations croissantes, Zambia Sugar a décidé d'agir. L'entreprise a lancé son propre programme de lutte contre le paludisme : pulvérisation massive à l'intérieur des habitations, distribution universelle de moustiquaires, suivi des cas et dépistage médical pour plus de 5 000 travailleurs migrants saisonniers arrivant chaque année de zones à haut risque.
En 2024, l'entreprise a atteint un objectif autrefois considéré comme impossible : zéro cas de paludisme sur son exploitation.
Mais ces progrès sont fragiles.
« Chaque année, nous comptons sur les systèmes nationaux pour nous soutenir en dépistant et en traitant les patients avant leur arrivée », explique Tembo. « Ceci est rendu possible grâce au Fonds mondial. Si ce financement s’effondre, l’absence de paludisme dans notre entreprise ne durera pas. »
Zambia Sugar contribue à environ 4 % du PIB de la Zambie. Elle exporte du sucre dans toute la région, soutient les petits producteurs locaux et maintient des milliers d’emplois. Une résurgence du paludisme, provoquée par des coupes budgétaires dans les programmes nationaux de prévention, aurait des répercussions bien au-delà de la plantation. Elle perturberait non seulement l’agriculture, mais aussi le commerce, l’éducation et l’économie en général.
« Nous sommes la preuve que la lutte contre le paludisme est bonne pour les affaires », déclare Tembo. « Mais aucune entreprise ne peut y parvenir seule. Le Fonds mondial est un élément essentiel de notre infrastructure économique. Si nous le sapons, nous en paierons tous le prix. »
Une responsabilité partagée
Alors que le monde se tourne vers la reconstitution des ressources du Fonds mondial en 2025, l’expérience de Zambia Sugar nous rappelle avec force que la lutte contre le paludisme n’est pas seulement une priorité sanitaire : c’est une stratégie économique.
Pour que le Fonds mondial puisse continuer à protéger les vies et les moyens de subsistance, il doit être pleinement financé, grâce à l'engagement collectif des gouvernements africains, des pays donateurs du G7 et du secteur privé. Seul un investissement partagé permettra de pérenniser les acquis, d'empêcher une résurgence et de protéger les moteurs économiques du continent.
